Marché et tendances

Wegovy, Mounjaro, Ozempic : ce que les traitements anti-obésité changent pour les clubs

Depuis juin 2026, la France rembourse Wegovy et Mounjaro. Des personnes qui n'avaient jamais poussé la porte d'une salle vont chercher à bouger et à se renforcer. Sont-elles les bienvenues chez vous, et savez-vous les accompagner ?

Cours collectif en club, une pratiquante au premier plan et le groupe derrière elle

L’essentiel

  • La France rembourse Wegovy et Mounjaro depuis le 15 juin 2026, une première dans l'Union européenne.
  • Près de 10 millions d'adultes français sont en situation d'obésité.
  • L'envie de bouger est là, mais sans accompagnement elle retombe.
  • Près de 40 % du poids perdu peut être de la masse maigre : le renforcement en groupe, encadré et accessible, est une réponse adaptée.
  • Les 581 Maisons Sport-Santé sont des relais naturels, dans le respect du cadre de l'activité physique adaptée.
  • Le rôle du club : l'accueil, le cadre et le rendez-vous, jamais la promesse médicale.

Ce qui a changé en 2026

Les GLP-1 sont des traitements qui agissent sur l'appétit et la satiété. Longtemps réservés au diabète ou vendus sans remboursement pour la perte de poids, ils sont désormais pris en charge en France pour les adultes en situation d'obésité sévère, selon des critères précis d'indice de masse corporelle et de pathologies associées. Une précision, parce que les noms se mélangent : Ozempic, le plus connu du grand public, est prescrit pour le diabète de type 2. C'est Wegovy, la même molécule à une autre dose, qui est remboursé pour l'obésité, avec Mounjaro.

Les ordres de grandeur sont importants :

  • environ 18 % des adultes français, près de 10 millions de personnes, sont en situation d'obésité ;
  • plus de 70 000 patients étaient déjà traités par l'un de ces médicaments fin janvier 2026, avant même le remboursement.
15 juin 2026
la France devient le premier pays de l'Union européenne à rembourser durablement Wegovy et Mounjaro
Euronews, 28 mai 2026

Ces traitements ne sont pas prévus pour agir seuls. Leur indication officielle les associe à une alimentation adaptée et à une augmentation de l'activité physique. C'est là que les clubs entrent en jeu.

Ce que disent les premières données

Les États-Unis, où ces traitements sont répandus depuis plus longtemps, donnent des premiers signaux, à lire avec prudence.

Le côté encourageant. Dans une enquête menée en 2026 par la banque d'affaires William Blair auprès de 300 utilisateurs américains, 72 % déclarent faire plus de sport depuis le début de leur traitement, et le taux d'adhésion à un club augmente nettement après le début du traitement.

Le revers. Une étude présentée au congrès de l'Endocrine Society en 2026, qui a suivi 753 adultes équipés d'un bracelet connecté, montre l'inverse dans les faits : sans accompagnement, les patients ont plutôt moins bougé après le début du traitement, passant en moyenne d'environ 5 000 à 4 500 pas par jour.

72 %
des utilisateurs américains de GLP-1 interrogés disent faire plus de sport depuis le début du traitement
William Blair, enquête auprès de 300 utilisateurs, 2026

Les deux chiffres ne se contredisent pas. Ils disent que l'intention est là, mais qu'elle ne suffit pas. Sans cadre, sans rendez-vous, sans quelqu'un pour guider, l'envie de bouger retombe. Et en Europe, ces traitements restent encore marginaux : moins de 3 % des consommateurs déclarent en utiliser, selon l'enquête EuropeActive et Deloitte de janvier 2026. Le mouvement ne fait que commencer.

Pourquoi le renforcement musculaire en groupe a du sens

Quand on perd du poids rapidement, on ne perd pas que de la graisse. Dans l'essai clinique de référence de Wegovy, publié en 2021 dans le New England Journal of Medicine, les mesures de composition corporelle réalisées sur 140 participants montrent que près de 40 % du poids perdu correspondait à de la masse maigre, qui comprend les muscles, mais aussi l'eau et les organes. Les chercheurs notent que la composition du corps s'améliore globalement, puisque la graisse baisse bien plus vite. Mais la perte de masse maigre reste un point que les professionnels de santé surveillent, et c'est l'une des raisons pour lesquelles l'activité physique, et notamment le renforcement musculaire, accompagne ces traitements.

≈ 40 %
du poids perdu sous sémaglutide correspondait à de la masse maigre, muscles compris
Wilding et coll., essai STEP 1, New England Journal of Medicine, 2021, sous-étude sur 140 participants

Pour une personne qui découvre la salle à 45 ou 55 ans, avec un corps qui change, le plateau de musculation peut être intimidant. Un cours collectif de renforcement, encadré, accessible, avec un coach qui propose des options de niveau, est souvent une porte d'entrée bien plus facile. On y apprend les bons mouvements, on y retrouve un groupe, et on y prend un rendez-vous régulier, ce qui manque justement à ceux qui bougent moins sans accompagnement.

Ce qu'un club peut mettre en place

Ce public demande surtout de l'attention et de la bienveillance. Rien de très compliqué, mais rien d'improvisé non plus.

  • Un accueil sans jugement. Les personnes en situation d'obésité ont souvent vécu des regards difficiles en salle. La façon dont on les reçoit à l'accueil et au premier cours décide de tout (voir « Le premier cours d'un débutant : sept détails qui le font revenir »).
  • Des cours de renforcement accessibles, avec des options de niveau à chaque exercice et un rythme progressif.
  • Des coachs formés à adapter, sans transformer le cours en séance médicale. Le coach n'a pas à connaître le traitement, il doit savoir proposer une version accessible de chaque mouvement.
  • Un lien avec la Maison Sport-Santé la plus proche. La France en compte 581, labellisées par l'État, qui accueillent et orientent toute personne qui veut reprendre une activité physique pour sa santé, sans prescription médicale. Elles cherchent des lieux de pratique près de chez les gens. Un club qui se fait connaître d'elles, avec des cours ouverts, accessibles et bien encadrés, devient un relais naturel. Attention à la frontière : l'activité physique adaptée prescrite par un médecin, notamment pour les maladies chroniques, a ses propres règles et ses professionnels qualifiés. Le club propose ses cours, il ne se substitue pas à ce dispositif.
  • Un suivi des premières semaines. Ce public a besoin, plus que d'autres, d'un rendez-vous fixe et d'un contact régulier pour installer l'habitude.
Notre avis

Le traitement ne donne pas un lieu, un groupe, un coach, un rendez-vous. Le club, si.

  • Aucune promesse médicale, ni perte de poids garantie : ce n'est le rôle ni d'un club ni d'un concept.
  • Le renforcement en groupe, encadré et accessible, est probablement l'une des meilleures réponses à ce nouveau public.
  • Tout se joue à l'accueil. Il doit être à la hauteur.
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Les précautions à garder

  • Ne promettez rien de médical. Pas de chiffre de perte de poids, pas de discours sur le traitement. Votre rôle est l'activité physique, l'encadrement et l'accueil.
  • Respectez la confidentialité. Personne n'a à dire qu'il suit un traitement. Proposez des cours ouverts et adaptables, sans étiqueter les participants.
  • Orientez vers un professionnel en cas de doute sur une contre-indication.

Questions fréquentes

Les personnes sous GLP-1 peuvent-elles faire du sport en salle ?

L'activité physique fait partie de l'indication officielle de ces traitements, en complément d'une alimentation adaptée. En cas de doute sur une contre-indication, la personne doit en parler à son médecin. Le club, lui, propose un encadrement adapté.

Quel type de cours proposer à un public en perte de poids ?

Des cours de renforcement musculaire accessibles, encadrés, avec des options de niveau, et un rythme progressif. Le cours collectif a l'avantage d'apporter un groupe et un rendez-vous régulier.

Faut-il créer un programme spécifique « GLP-1 » ?

Ce n'est pas nécessaire et cela peut stigmatiser. Mieux vaut des cours ouverts, accessibles et bien encadrés, et un accueil formé à recevoir des personnes qui découvrent la salle.

Deux pratiquantes en tenue de sport sur fond noir
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Romain Prevedello
Romain Prevedello
CEO et cofondateur d'Aleop

20 ans à former des coachs et à développer des solutions fitness pour les clubs.

Sources